Chrétiens infertiles

Lorsque l'enfant ne paraît pas

L’infertilité, des infertilités

On estime habituellement qu’entre 10% et 15% de la population est touchée par l’infertilité. Cela concerne donc entre un couple sur six et un couple sur dix. Mais quand on dit infertilité, on pense d’abord aux couples sans enfants. Or il existe deux types d’infertilité: l’infertilité primaire, quand la femme n’a encore connu aucune grossesse, et l’infertilité secondaire, quand la femme a déjà été enceinte, que la grossesse soit allée à son terme ou non. Une femme qui a déjà été enceinte mais dont les grossesses se sont terminées par une fausse couche souffre d’infertilité secondaire. Cette est une cause de souffrance tout aussi réelle que l’infertilité primaire, même quand le couple a déjà eu des enfants. En effet, les mêmes causes peuvent entraîner une infertilité primaire et une infertilité secondaire: ce n’est pas parce qu’une femme a eu un enfant qu’elle pourra facilement en avoir d’autres. Une femme déjà mère peut donc parfaitement être infertile.

De même, un homme souffre d’infertilité primaire si aucune grossesse n’est encore survenue avec sa femme ou sa compagne, ou avec une précédente compagne, et d’infertilité secondaire s’il a déjà connu une grossesse chez sa femme ou sa compagne, même si cette dernière ne s’est pas poursuivi.

Un couple qui n’a pas d’enfants peut donc souffrir d’infertilité primaire aussi bien que d’infertilité secondaire. Les deux sont tout aussi difficiles à vivre pour eux. Entendre « tu as déjà été enceinte, tu vas y arriver » est difficile à entendre pour un couple dont la femme enchaîne les fausses couches et qui ne trouve pas d’explication à cela.

Il existe une forme d’infertilité dont la souffrance est particulièrement méconnue: l’infertilité secondaire quand le couple ou l’un des membres du couple a déjà des enfants (l’infertilité secondaire peut aussi concerner des couples recomposés, suite à un divorce ou un veuvage, quand le nouveau conjoint se révèle infertile).

Même si un ou des enfants sont déjà là quand survient l’infertilité secondaire, cette dernière n’est pas plus facile à vivre que l’infertilité quand le couple n’a pas d’enfants. Plusieurs causes peuvent expliquer une infertilité secondaire: de l’endométriose; une modification hormonale du cycle de la femme survenant après une ou plusieurs grossesses; une maladie ou un problème de santé affectant les capacités reproductrices de la femme. Il arrive parfois qu’aucune cause ne soit décelée pour cette infertilité.

Certaines infertilités « inexpliquées », aussi bien primaires que secondaires, le sont en l’état actuel des connaissances médicales, ce qui ne veut pas dire qu’elles sont forcément psychogènes (ce qui est très très rare). Certains chercheurs émettent l’hypothèse de facteurs environnementaux (plastiques, médicaments, pesticides…) dans l’augmentation des cas d’infertilité féminine et masculine. Le fameux « c’est dans la tête » que de nombreux couples infertiles entendent quand la médecine ne trouve aucune explication à leur infertilité ne repose donc sur rien de concret.

Une meilleure connaissance des différentes formes d’infertilité et de leurs causes possibles permettrait sans doute à bien des gens, notamment chrétiens, de savoir quoi dire à leurs proches qui souffrent de ce problème et éviterait certaines maladresses ou phrases toutes faites qui peuvent se révéler très blessantes.

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