Chrétiens infertiles

Lorsque l'enfant ne paraît pas

Les couples infertiles et les débats sur la loi Taubira

Un couple en espérance d’enfants témoigne de ce qu’il a ressenti lors des débats sur la loi Taubira, l’ouverture de l’adoption, et la possible ouverture de la PMA et de la GPA, aux couples homosexuels.

Nous témoignons aujourd’hui en tant que couple infertile, sans enfant, de ce que le débat sur l’adoption par les couples homosexuels, la possible ouverture de la PMA à ces mêmes couples et les voix en faveur de la législation de la GPA sous-entend au sujet de ce que nous vivons.

L’idée est claire: les couples homosexuels qui veulent des enfants se verront accorder le droit d’en avoir. Vous en voulez? Vous en aurez. Ce projet de loi établit ainsi un nouveau droit, le droit à l’enfant, au bénéfice de tous les adultes. Chacun pourra s’en prévaloir auprès de l’Etat, qui aura alors le devoir de « fournir des enfants », en tout cas de faciliter cette fourniture, pour le garantir.

Que ce soit par l’adoption, la PMA ou la GPA, hop, le tour est joué. Un enfant sur commande, ou presque, surtout avec la GPA. Finie l’attente. Finis les possibles mois entre le début du « projet bébé » et la découverte d’une grossesse. Maintenant, ce sera du sur-mesure, de l’instantané. Mais surtout, l’enfant rétrograde du statut de vie humaine en développement au statut d’objet que l’on désire, que l’on acquiert, que l’on achète éventuellement, que l’on possède. Fini, le projet d’amour, place au projet d’acquisition.

Au milieu de tout ça, il y a les couples hétérosexuels infertiles. Ceux qui ne comptent plus l’attente en mois mais en années. Aidés ou non par la médecine, assumant des choix différents – acceptation ou refus – par rapport à la PMA, ils ont en commun la souffrance de l’infertilité, souffrance souvent bien incomprise par l’entourage, qu’ils sont parfois sommés de taire pour ne pas déranger les autres dans leur bonheur de parents. Que leur dit ce débat? Que, puisqu’on pourra bientôt commander un enfant comme on veut, ils n’ont pas à se plaindre, seulement à se jeter à bras ouverts dans la GPA.

Nous sommes en espérance d’enfant. Les futurs bénéficiaires des nouvelles dispositions légales ne peuvent donc nous rétorquer que nous ne savons pas ce que c’est qu’un désir d’enfant non satisfait. Notre témoignage, c’est que notre espérance n’est pas disposée à se muer en désir d’acquisition, encore moins en droit revendiqué que la société civile devrait satisfaire à tout prix. Notre attente n’est pas celle d’un client frustré. Notre espérance, c’est que les couples en attente d’enfant ne se muent pas tous en clients frustrés.

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