Chrétiens infertiles

Lorsque l'enfant ne paraît pas

Compte-rendu du 1er pèlerinage à Poligny – 1er, 2 et 3 juillet 2011

Du vendredi 1er juillet au dimanche 3 juillet 2011, onze couples en espérance d’enfants, accompagnés par le père Xavier Ley, curé la paroisse sainte Colette à Paris, et par deux petites sœurs des maternités catholiques, petite sœur Marie-Jérémie et petite sœur Marie-Martine, sont partis en pèlerinage à Poligny, dans le Jura, où repose le corps de sainte Colette. Un certain nombre de couples se connaissait déjà, venant de la paroisse sainte Colette, qui organisait le pèlerinage, ou s’étant rencontrés lors de précédentes rencontres catholiques. Les couples présents venaient de région parisienne, de région lyonnaise et de Châteauroux.
La première prise de contact a eu lieu dans le jardin des Clarisses où nous attendaient les responsables du pèlerinage. Nous avons commencé à faire connaissance ou nous sommes retrouvés avec plaisir, en attendant de prendre nos quartiers dans la maison d’accueil des filles du Saint Esprit. Tout le monde était là, sauf deux couples, qui sont arrivés les uns le vendredi soir, les autres le samedi matin, après une longue route. Une fois tout le monde arrivé et les installations faites, en avant pour la première marche, sur une des montagnes qui surplombent Poligny. Muni d’une carte, un des organisateurs nous entraîne à travers les falaises jurassiennes et nous montons progressivement, en découvrant ce qui reste des remparts de la vieille ville. Le temps est superbe, les paysages sont magnifiques et les points de vue qui s’offrent à nous sont un régal pour les yeux. L’harmonie de groupe prend bien lors de la marche, les uns et les autres discutent allègrement et les non-parisiens font de nouvelles connaissances.
Arrivés en haut de la falaise, nous nous installons pour la première messe du week-end. Les hommes partent à la recherche d’une pierre suffisamment grande, et l’autel est rapidement installé. La messe en plein air prend un reflet tout à fait particulier tant est grande l’impression d’union avec l’harmonie de la Création voulue par Dieu, Création qui ne manque pas de se rappeler à nous par la voix de deux faucons crécerelle qui nichent visiblement non loin de notre lieu de célébration. L’Évangile du jour résonne très fort en nous puisque nous entendons un extrait de l’évangile selon saint Matthieu (11, 25-30): « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de coeur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. » Mais cette lecture et l’homélie qui l’accompagne sont les premiers signes tangibles de la présence de Dieu dans nos épreuves: Dieu ne nous abandonne pas, même lorsque nous peinons sous le poids du fardeau.
En redescendant vers Poligny, nous apercevons un panneau qui indique le chemin vers le « Trou de la Lune ». Ni une ni deux, quelques uns partent en exploration pour voir si l’endroit est facilement accessible. L’endroit ainsi nommé est une grande cavité de forme ronde régulière, creusé dans la falaise.
De retour à la maison d’accueil, nous nous retrouvons pour le dîner chez les Filles du Saint Esprit, où nous continuons à faire connaissance, avant de nous rendre à la chapelle pour un temps de partage et de présentations. Chacun se présente et évoque, avec plus ou moins de détails, son parcours. Au cours de la soirée, le père Xavier annonce le thème du topo qu’il fera le lendemain: le sacrement des malades. Surprise ça et là, le topo promet d’être enrichissant. La première journée de pèlerinage se termine à la chapelle, près de sainte Colette.

La journée du samedi commence par la messe célébrée dans la chapelle des Clarisses par le père Xavier. Depuis le petit-déjeuner, le groupe est au complet puisque tous les couples sont arrivés. Après la messe, nous nous retrouvons dans une salle du monastère pour découvrir les Clarisses et sainte Colette que nous présente sœur Marie-Catherine, avec beaucoup de passion et d’enthousiasme. Cette présentation nous permet de mieux comprendre pourquoi sainte Colette est priée par les couples en espérance d’enfants. Le père Xavier prend ensuite la parole pour parler du sacrement des malades, que pourront recevoir lors de la veillée de prière ceux qui le désirent. Le topo commence par l’affirmation que l’infertilité n’est pas une maladie mais que le sacrement des malades est là pour aider les personnes qui vivent l’infertilité à supporter les souffrances qu’elle entraîne. Le père nous parle des grâces liées à ce sacrement et nous invite à faire confiance à Dieu. Recevoir ce sacrement nous permet de ne pas nous installer dans les souffrances que nous donne notre corps et de nous confier à Dieu pour vivre cela. Nous sommes invités à réfléchir, individuellement ou en couple, à la démarche qui nous est proposée.
Après ce topo vient un temps en couple puis le déjeuner. Nous nous retrouvons dans le jardin de la maison d’accueil pour un pique-nique où chacun apporte quelque chose à partager. Le temps est au beau fixe mais la chaleur commence à s’installer. En prévision de la marche de l’après-midi, plusieurs d’entre nous se pommadent de crème solaire. Avant de partir, le père bénit notre marche.
Le trajet est plus plat que la veille puisque nous partons pour une boucle dans la forêt. Plusieurs choisissent de marcher en couple, pour discuter de tout ce qui a été dit, vécu, entendu depuis le début du pèlerinage. Au bout d’une heure et demi de marche, nous nous arrêtons pour entendre un topo de petite sœur Marie-Jérémie sur la vocation du couple, sur la place et le rôle de l’amour et de la vie dans le couple. Un point du topo fait ensuite débat, celui sur la fécondité du couple qui ne réside pas seulement dans le fait d’être parents. Plusieurs participants ont du mal avec cette idée et expriment leurs difficultés à vivre cela. Suite à ce topo, nous nous répartissons en deux groupes: les hommes d’un côté, les femmes de l’autre, pour des échanges plus spécifiques sur la manière dont nous vivons spécifiquement l’infertilité en tant qu’hommes ou en tant que femmes. Ce temps de partage a été apprécié puisqu’il a permis de dire des choses qui se disent plus facilement dans ce cadre-là.
Au retour, chacun marche à son rythme et le groupe se disloque, si bien que le parcours devient trompeur pour certains qui entament un second tour de boucle. Il faut envoyer des voitures pour les ramener à la maison d’accueil sans être trop en retard sur les horaires, mais le planning du soir s’en trouve immanquablement décalé.
La journée se termine par une grande veillée de prière dans la chapelle des Clarisses. Quel moment fort! Chants et lectures alternent, suivis de méditations du père Xavier qui nous permettent de rentrer dans le premier moment fort de la veillée, un temps d’adoration devant le Saint Sacrement. Ce temps d’adoration se termine par le Tantum ergo, puis nous rentrons dans le deuxième temps fort de la veillée, la célébration du sacrement des malades. Après une invocation, une lecture, l’homélie et la litanie, ceux qui ont demandé à le recevoir s’avancent pour l’imposition des mains et l’onction de l’huile sainte. Le moment est très fort et la prière se fait alors plus intense. La veillée de prière se termine par une prière universelle, la récitation du Notre Père et le chant du Je vous salue Marie. Après cela, certains choisissent de rester pour prier auprès de sainte Colette tandis que d’autres rentrent dormir car il se fait tard et il faut se lever tôt le lendemain.

Après le petit-déjeuner, le dimanche commencer par la messe dominicale chez les Clarisses, célébrée par le père Xavier. Nous sommes le premier dimanche du mois, aussi la messe se termine-t-elle, selon les habitudes de la paroisse sainte Colette, par une prière pour confier à l’intercession de sainte Colette les couples en espérance d’enfants. C’est l’occasion de nommer les couples du pèlerinage et tous ceux qui ont été confiés à notre prière. Après la messe nous nous scindons en deux groupes dans le jardin de la maison d’accueil pour échanger autour de l’évangile de notre mariage et des textes qui ont été lus ce jour-là: pourquoi avions-nous choisi ces textes? que disaient-ils de nous? en quoi nous parlent-ils encore aujourd’hui? Cet échange est suivi d’un temps libre en couple.
À midi, nous partageons à nouveau un pique-nique dans le jardin de la maison d’accueil. Ces deux piques-niques ont été l’occasion de voir en toute chose l’œuvre de Dieu puisque nous goûtons à des produits locaux qui nous régalent. Pâté, comté, saucisson, nous touchons à tout, avec une mention spéciale pour le saucisson au comté. Un couple nous quitte à la fin du repas, au début de l’après-midi.
Le pèlerinage se termine dans la chapelle des Clarisses, où nous nous retrouvons pour prier. Après l’écoute d’un texte de l’Évangile (selon saint Matthieu, 7, 24-27: l’homme qui bâtit sa maison sur le roc) et l’homélie du père Xavier vient le dernier moment fort du pèlerinage. Nous sommes en effet invités à renouveler les promesses de notre mariage, et chacun, l’un après l’autre, demande au Seigneur de renouveler notre amour pour notre époux(se) et bénit le Seigneur de qui nous l’avons reçu. Tous ensemble, nous nous engageons à nouveau à aimer notre époux(se) et à le soutenir. Puis chaque couple relit à voix basse la prière des époux qu’il a lu le jour de son mariage. Le renouvellement des promesses du mariage se termine par la bénédiction prévue par la liturgie pour ce type de cérémonie. C’est sur cette belle bénédiction et sur une prière à la Vierge (Je vous salue Marie) que se termine le pèlerinage. Personne ne veut vraiment partir et nous partageons un dernier verre dans le jardin de la maison d’accueil pour prolonger ce temps de grâces et d’amitié, avant que chacun ne reparte, lentement, l’âme, l’esprit et le cœur ressourcés et renouvelés par ces trois jours passés sous le regard de Dieu.

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