Chrétiens infertiles

Lorsque l'enfant ne paraît pas

De l’épreuve à l’adoption – Témoignage de Pascale

Pascale est maman d’une petite fille adoptive. Elle a accepté de nous confier son témoignage dans lequel elle évoque le parcours vécu avec son mari, les difficultés vécues en Église, mais aussi l’espoir et le bonheur au bout du chemin.

Stéphane et moi nous sommes mariés en 2002, à vingt-six ans. Déjà, nous savions que concevoir un enfant ne serait pas simple. Mais nous n’imaginions pas toutes les difficultés qui nous attendaient. Les mois qui passent, les enfants qui naissent autour de nous, les « alors, qu’est-ce que vous attendez ? », l’espoir puis la déception, toujours immense.

On hésite à se tourner vers la médecine et finalement on saute le pas. Une année très éprouvante qui nous conforte dans notre choix de ne pas entamer de FIV. Au-delà de nos convictions, nous n’avons pas ce courage-là.

Pendant tout ce temps, nous essayons de trouver d’autres sources d’épanouissement, sans sombrer dans la tristesse. Tous nos amis sont parents, les uns après les autres : un, deux, trois, quatre enfants. Nous arrêtons finalement de compter. Bien sûr, la souffrance n’est jamais très loin. Nous la ressentons plus vivement à certaines occasions : le mariage d’amis avec l’église pleine de familles nombreuses. Et ces regards de pitié : qu’est-ce que j’ai pu les détester ! Nous n’arrivons pas non plus à comprendre qu’en 2011, il n’y ait pas plus d’initiatives de la part de l’Église pour accompagner les couples infertiles. Et pourtant, la Bible parle à plusieurs reprise de ces hommes et femmes en attente d’enfant. Mais notre souffrance demeure trop souvent entre les murs de nos foyers et des cabinets de médecins.

Fin 2008, nous nous jetons à l’eau et entamons les démarches d’adoption auxquelles nous pensions depuis longtemps. Pour nous va commencer un chemin pavé d’espoirs et de petites joies. Nous avons l’impression enfin d’avoir prise sur la construction de notre famille, de relever la tête. Bien sûr les démarches sont contraignantes mais nous sentons que c’est notre voie.

Nous recevons notre agrément le 4 septembre 2009 et sommes acceptés par une association. Un an plus tard, nous recevons le coup de fil qui va changer notre vie  » Bonjour, c’est Annie de LDE. C’est une petite fille, elle a un an et elle aimerait bien avoir des parents. Elle vous attend au Nigeria. Vous partez dans quinze jours ». Je n’échangerais cette « naissance » contre aucune autre !
Nous rencontrons notre fille le 16 octobre 2010 et sommes de retour en France depuis décembre.

Aujourd’hui, nous sommes immensément reconnaissants pour notre merveille ! Je dis souvent que je n’aurais pas pu mieux faire. Elle est magnifique, drôle, intrépide… et elle est née le jour ou nous avons eu notre agrément. J’y vois une manifestation de la Providence qui nous a donné des coups de pouce durant toutes ces années.

Son baptême va être pour nous l’occasion de la confier au seigneur et de prier pour toutes les familles qui continuent d’attendre l’enfant tant désiré (que ce soit le premier ou le troisième !).
Bien sûr, nous n’aurons pas de famille nombreuse. Et peut-être que Domitille restera notre fille unique. Nous aurons sans doute encore des remarques idiotes et blessantes. Mais pour le moment nous savourons notre vie de « petite » famille.

N.B. de Pascale L’adoption n’est pas le chemin de tout le monde et je ne veux surtout pas laisser entendre qu’elle est la solution pour tous les couples infertiles ! Je respecte trop le cheminement de chacun. Tout comme je ne porte aucun jugement sur la PMA.

1 Commentaire

  1. bonjour,
    j’ai lu avec attention et beaucoup d’émotion votre témoignage, mon mari et moi somme aussi actuellment en procédure d’adoption nous en sommes à 2 ans d’agrément et je n’en peu plus d’attendre car l’attente de cet enfant dure depuis m^me avant la procédure d’adoption(9ans d’attente pour ma part et mon mari 4ans) heureusement que dieu a permis que je puisse avoir un fils àgé aujourd’hui de 12ans mais la frustration de ne plus pouvoir donner la vie est bien présente dans mon âme….
    nous attentons et nous attendons encore et des fois c’est très dur, que ma foi en a pris un coup….je partage votre avis concernant le manque de soutien dans l’église face à ces problème d’infertilité
    Je vous souhaite tout le bonheur du monde avec votre fille
    cordialement

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